« Pour parler des plantes avec une certaine intimité, je ne suis, je l’avoue, ni botaniste, ni jardinier. Mais de temps à autre, j’ai pu m’échapper loin de la grande ville, dans les prés, dans les sentiers perdus. Plus d’une fois, dans l’ombre de la forêt sacrée, j’ai reposé des yeux fatigués par l’étincelant et bigarré tohu bohu de la vie parisienne. Au sortir de la bruyante Babylone, l’oreille se délecte au clapotis du ruisseau murmurant, au doux bruisselis des feuilles caressées par le vent du soir. Le cœur irrité par les injustices sociales ou les amertumes de la politique, s’apaise volontiers dans l’austère solitude de la montagne. Sans avoir encore appris le langage des oiseaux, je suis de ceux auxquels les arbres disent quelque chose. Dans un bosquet comme dans un salon, certaines physionomies me vont, et d’autres ne me reviennent pas. Telle fleur me plaît, telle autre me laisse froid. Je sais la forte patience du chêne, la grâce délicate du bouleau, l’élégante beauté de la rose, la tristesse du sombre sapin. Et vous les savez aussi, n’est-ce pas ? ».
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Description
Note biographique
Élie Reclus, de son vrai nom Jean-Pierre-Michel Reclus, naît en 1827 à Sainte-Foy-la-Grande, est le frère aîné du géographe Élisée Reclus. Ses études, de théologie protestante, le menèrent à Montauban, à Genève et à Strasbourg. Pasteur de formation, il est ce que les Anglo-Saxons ont coutume d’appeler un « polymathe », sorte de touche-à-tout de génie extrêmement difficile à situer et à contenir dans un champ particulier du savoir. Aussi à l’aise en littérature qu’en sciences, les écrits publiés d’Élie Reclus peuvent porter tant sur la politique et la sociologie, que sur l’ethnographie et sur l’histoire naturelle, sans compter la mythologie et l’histoire des religions. Son contemporain Havelock Ellis le dit doté d’une intelligence lumineuse et relève son style admirable, fortement imprégné par la langue française du seizième siècle, Montaigne en ligne de mire.
Ses convictions politiques le forceront, à l’instar de son frère, à l’exil, en 1851. La première fois lors du coup d’État, et ensuite au moment de la Commune en 1871. Il vivra dans de nombreux pays européens, dont la Suisse, avant de s’installer à Bruxelles.
Le New York Timeslui consacre le 16 février 1904 une colonne entière, intitulée « A Famous Anarchist Dead ».
Informations partiellement tirées de: Joseph Ishill (éd.) Élisée and Élie Reclus in memoriam, Oriole Press, Berkeley Heights, 1927.
Détails
| Code EAN : | 9782940358830 |
| Editeur : | Héros-Limite |
| Date de publication : | 23-04-2012 |
| Format : | Livre de poche |
| Langue(s) : | français |
| Hauteur : | 190 mm |
| Largeur : | 131 mm |
| Epaisseur : | 16 mm |
| Poids : | 218 gr |
| Stock : | Disponible sur commande |
| Nombre de pages : | 208 |