Papa a acheté un camping-car 1 famille, 3 continents, 7 m2

François Althabegoity


français | 10-04-2008 | 234 pages

9782221107867

Livre de poche


19,30€

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Description

François Althabégoïty, sa femme Mylène et ses deux enfants sont partis huit mois autour du monde. Eux qui n'ont jamais mis le pied dans un camping-car et qui détestent camper ont tenté la grande aventure, de l'Alaska à la France en passant par le Mexique et l'Afrique.
Cercle arctique, Vallée de la mort, Mexico, Dakar, Tanger... Le paysage défile, mais le vrai voyage se déroule à l'intérieur du camping-car. Partir seul à vingt ans faire le tour du monde à pied, à cheval ou en voiture... passe encore. Mais emmener toute sa famille à l'aventure, vivre ensemble non plus deux mais vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et ce dans 7 m², c'est un autre Everest.
Qu'est-ce qui manque souvent aux récits de voyage ? L'humour. François Althabégoïty, en remédiant à cette carence, modernise le genre. " Nombre de divorces évités : 1 (raisonnable). Nombre de fois où les enfants ont été expulsés du camping-car parce qu'ils étaient trop insupportables : 4 (dont une fois pieds nus, sous la pluie, en Alaska). Nombre de fois où la mère a été traumatisée parce qu'on avait mis ses enfants dehors : 4 (100 %). Nombre de phrases par jour, prononcées dans le camping-car, qui commencent par : " Tu ne sais pas où est le... " : 137. Pourcentage de nuits où Mylène a eu envie d'aller à l'hôtel : 99 % ".

De cette aventure unique, François Althabégoïty a également réalisé un film qui sera diffusé à plusieurs reprises sur la chaîne Voyage à partir du 24 avril 2008.




Note biographique

François Althabégoïty a trente-sept ans. Il est réalisateur de documentaires et père de deux enfants, Aña, cinq ans et Mattin, deux ans.
http://www.papaaacheteuncamping-car.fr/



Table des matières

En Alaska
Nous devons traverser la forêt à pied. Pas de problème, j'ai pris la bombe anti-ours. Nous chantons très fort, histoire d'annoncer notre présence. C'est ce qui est conseillé dans la notice Face à l'ours que les rangers distribuent un peu partout. Cette notice vous apprend à faire la différence entre les deux types d'attaque de l'ours :
- l'attaque défensive, très rare. L'ours se rue vers vous, mais juste pour vous impressionner. Dans ce cas, il vous suffit de vous mettre à terre, les bras sur la nuque et l'ours vous laissera en paix " au bout d'une trentaine de secondes qui pourront vous paraître très longues ".
- l'attaque offensive, encore plus rare. L'ours se rue vers vous pour vous attaquer, c'est-à-dire vous manger. Il faut savoir que l'ours peut mesurer 3,50 mètres et peser jusqu'à 350 kilos. Et je ne vous parle pas des griffes. Là, la notice vous conseille de vous défendre " par tous les moyens possibles ".
Donc, si un ours vous attaque, il ne faut pas oublier de lui demander si c'est défensif ou offensif, ensuite vous vous organisez.
Tout à coup, dans la forêt, alors que je marche en tête, j'entends du bruit. Je sens une présence à mes côtés. Je glisse ma main dans la poche de mon jean et j'enlève la sécurité de ma bombe anti-ours. Je regarde autour de moi : rien. Le bruit s'est arrêté. J'ai pourtant bien l'impression qu'il y a une bête en train de nous épier. Le chemin grimpe de plus en plus, il faut parfois y mettre les mains. Dans un passage difficile, je dois monter très haut ma jambe pour poser Aña sur un rocher. Là, j'entends " pschitt " dans mon pantalon. Je viens de vider la quasi-totalité de ma bombe anti-ours dans mon caleçon. Je suis embêté parce que le produit est orange, il sent mauvais et je n'ai rien pour me changer.
Mylène qui nous suit de près me demande :
- Ça va ? T'as pas envie d'enlever ton pantalon et ton caleçon ?
- Je n'ai pas d'affaires de rechange.
- Mais ça ne te pique pas ? Attention, ça risque de venir...
C'est vrai que je sens une première montée. Un peu comme lorsque l'on mange épicé, au début ça va, puis tout d'un coup c'est la panique. Là, c'est le pot de piment tout entier que j'ai avalé. J'enlève mon pantalon et mon caleçon. Je commence à sautiller sur place.
- On n'a pas de la crème, genre contre le soleil ?
- Non, me répond Mylène, tout est dans le camping-car. J'y vais.
Je reste avec les enfants, tandis qu'elle part en courant. Mais très vite je sens que je ne vais pas tenir. Je hurle dans les montagnes :
- Mylène ! Reviens ! Je vais y aller moi-même, je ne tiens plus !
Je laisse les enfants en haut, en leur faisant promettre de ne pas bouger. Je croise Mylène qui monte pour la deuxième fois. J'ai mis mon pantalon à l'envers, afin de ne pas être en contact avec la partie touchée. Je coupe à travers la forêt, je passe en courant à fond en poussant des petits cris devant deux retraités volontaires qui me regardent ahuris, et je me précipite dans le camping-car.
Je n'ai jamais eu aussi mal de ma vie, je suis complètement désemparé. Je me déshabille, mais en enlevant mon t-shirt, je me brûle tout le front. Entre deux gémissements, je finis par trouver de l'après-soleil, malheureusement on ne peut pas dire que ça me soulage. Je soulève tout, j'arrache tout, je retourne intégralement l'intérieur du camping-car, telle une bête (un ours ?) en cage en quête de la pommade anti-brûlure. Pour me calmer, je prends une douche froide. Pendant quelques secondes je n'ai absolument plus mal, ça me paraît incroyable. Mais tout de suite, ça repart de plus belle. C'est même encore plus douloureux. Je continue de gémir, je m'entends dire : " I'm a stupid guy. " Voilà que je parle anglais, maintenant.
Sur une échelle de 1 à 10, comme ils disent à l'hôpital, je me mets 9 sans hésiter, sachant qu'à 10 je tombe dans les pommes. J'ai peur de tout perdre, mais je me dis que quoi qu'il arrive j'ai déjà deux beaux enfants.
Je trouve enfin la pommade anti-brûlure et je peux me badigeonner. Ça va sans doute faire du bien, mais c'est très long à agir. Je cours tout nu m'asseoir dans la rivière à 4 °C qui coule devant le camping. Je recouvre mes esprits pendant vingt secondes, mais là aussi la douleur revient, encore plus forte. Accroupi devant la rivière à me tordre de douleur comme un petit gamin, j'ai bien envie d'aller voir les rangers volontaires, mais je me vois mal leur expliquer :
- Hello, I'm French, vous savez les poules mouillées qui n'ont pas voulu aller en Irak. Je me suis promené avec une arme très dangereuse, une bombe anti-ours, je n'ai pas su m'en servir, et je l'ai vidée dans mon caleçon. J'ai mal.
- Montrez-moi.
Je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai pas envie de me déshabiller devant eux.
Malgré cela, j'ai un espoir : la douleur au front commence à diminuer. C'est un signe, il doit bien y avoir une fin à ce calvaire. J'ai une dernière idée : je retourne au camping-car pour prendre le saumon dans une poche de glace que nous a donné la veille notre voisin américain du camping. J'applique le saumon congelé sur mes brûlures. Avec encore un peu de crème, tout commence à rentrer dans l'ordre. Mylène et les enfants arrivent à ce moment-là. Ils se demandent ce qui a dévasté leur camping-car. Quatre heures plus tard, je n'ai plus aucune trace.
Ce soir, au camping, plus personne ne nous parle.


Détails

Code EAN :9782221107867
Auteur(trice) : 
Editeur :Groupe Robert Laffont
Date de publication :  10-04-2008
Format :Livre de poche
Langue(s) : français
Hauteur :216 mm
Largeur :136 mm
Epaisseur :19 mm
Poids :310 gr
Stock :épuisé
Nombre de pages :234
Mots clés :  Exploration Voyage Tourisme